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Le jeu de la dame - The Queen's Gambit


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8 réponses à ce sujet

#1 Baltique

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Posté 11 novembre 2020 - 11h59

Un petit mot sur une mini-série Netflix que j'ai pris beaucoup de plaisir à regarder le week-end dernier.

 

C'est une série sur... les échecs ! A priori, ça n'a rien de palpitant et l'on se demande bien pu se passer dans la tête des producteurs pour imaginer un projet pareil. Et pourtant, on est irrésistiblement happé et on enchaine les épisodes presque sans s'en rendre compte.

 

Par quel miracle cela est-il possible ? Hé bien je dirai que l'une des grandes qualité de la série est qu'elle semble tout simplement avoir eu la bonne idée de reprendre nombres de codes du manga shônen.

 

En effet, même si le personnage principal, Elisabeth Harmond, est une jeune fille, elle est comme beaucoup de héros de manga shônen, orpheline. Elle va par hasard découvrir les échecs et faire preuve d'un vrai don pour cette discipline. On se retrouve donc à suivre son parcours de parties en parties, de tournois en tournois, dans une histoire qui rappelle un vrai shônen archi classique du point de vue de la structure narrative... 

 

Sauf qu'on n'est pas dans un manga ou un anime et que The Queen's Gambit (je préfère le titre vo) ne se contente pas de reprendre une formule mainte fois éprouvée mais s'en démarque aussi de façon remarquable.

 

Déjà, il s'agit d'une série avec de vrais acteurs qui se veut réaliste. Ainsi, elle n'a pas recours aux excès et aux effets de style que permettent le dessin ou l'animation. Il y a aussi le fait que les épisodes durent environ 1h. Ainsi, la série déroule son histoire de façon plus posée qu'un shônen. Elle prend le temps de développer ses personnages et de dérouler tranquillement son intrigue et cela suffit amplement à nous captiver. Elle fait confiance à l'intelligence du spectateur et n'a pas besoin d'essayer à tout prix de nous agripper à coup de multiples rebondissements forcés.

 

Il y a aussi la personnalité de l'héroïne qui tranche radicalement avec l'espèce d'innocence naïve qui caractérise généralement les héros de shônen. C'est un personnage fort, complexe et fascinant, qui se montre aussi attachante qu'antipathique, souvent dans la même scène. Pardonnez-moi de ne pas vous donner plus de détails mais je pense que c'est une série (et un personnage) qu'on s'apprécie d'autant plus qu'on en sait le moins possible.

 

Toutefois je peux quand même vous dire qu'Anya Taylor Joy, la toute jeune actrice principale est tout simplement époustouflante. Elle a vraiment quelque chose de magnétique.

 

Bref, la série fait beaucoup parler d'elle en ce moment et je trouve que c'est totalement justifié. Si j'avais une dernière chose à dire pour vous convaincre, c'est qu'elle se conclue en seulement 7 épisodes. Aucune suite n'est prévue et c'est tant mieux !

 

Bref, un vrai coup de coeur ! Foncez !



#2 CyberFred

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Posté 12 novembre 2020 - 18h31

Merci Baltique. Je vais regarder le 1er épisode ce soir. Je reviendrai ici pour donner mon ressenti sur cette mini-série.


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#3 CyberFred

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Posté 12 novembre 2020 - 19h36

Je viens de voir le premier épisode.

 

J'avoue un peu ma surprise. Mais attention, je ne dis pas que cette série est un coup de cœur. Le personnage de la petite Elisabeth  manque cruellement d'humanité à mon sens (à voir la manière dont elle se fiche de la nouvelle venue à la fin). Elle est uniquement sympatrique par le fait qu'elle gagne aux échecs face à de redoutables adversaires. Il est bien que la série se focalise que sur les échecs et pas sur autre chose. Mais ce que je n'aime pas du tout dans cette série, c'est le fait que dans dans ce premier épisode son talent ne semble provenir que de la consommation (excessive) de médicaments qui font d'elle une sorte de droguée, qui, au final, ne peut plus se passer de ces substances pour gagner. D'ailleurs, l'overdose à laquelle on assiste à la fin, est pour ma part pitoyable.

 

Donc, je vais continuer histoire de voir jusqu'où va la descente aux enfers, mais je reste très circonspect sur un scénario où une jeune enfant de 9 ans se retrouve en situation de dépendance pour avancer et rester à niveau dans les échecs. Donc, je reste mitigé après ce premier épisode.

 

Je reconnais que cette série est une curiosité, mais elle incite à nous faire penser que l'usage de substances rend excellent.


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#4 Baltique

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Posté 12 novembre 2020 - 22h00

Comme je l'ai dit, l'héroïne est très complexe et sait se montrer aussi attachante qu'antipathique. Tu te doutes sans déjà que sa dépendance aux médicaments sera un des ressorts importants de la série. Elle ne devra pas seulement battre ses adversaires mais devra aussi mener un long et douloureux combat intérieur.

 

Si je devais faire une métaphore à la Star Wars, ne vous attendez pas à suivre le parcours d'un Luke Skywalker mais plutôt celui d'un Dark Vador (j'insiste, Vador ! Pas Anakin !) qui a succombé au côté obscur et tente de trouver le chemin du côté lumineux.

 

En revanche, je ne pense pas qu'on puisse dire que la série fasse l'apologie des substances psychotropes dans la mesure où la scène de l'overdose est justement suffisamment choquante pour nous montrer que leur usage a de terribles conséquences.

 

Par ailleurs, je pense qu'il faut aussi replacer cela dans le contexte de l'époque où elle se passe. Nous sommes dans les années 50/60, aux Etats Unis et le rapport aux substances psychotropes n'était pas le même qu'aujourd'hui. Donner volontairement des calmants à des enfants, comme cela est montré, n'était pas rare dans ces années là. Ainsi, aussi dérangeante soit la scène de l'overdose, elle n'est malheureusement pas gratuite et sert aussi à nous rappeler certaines dérives passées.

 

Cela a d'ailleurs alimenté tout un pan de la fiction moderne et beaucoup d'auteurs ont imaginé que des agences gouvernementales s'étaient servi de genre d'institutions pour tester tout un tas de substances avec des conséquences souvent désastreuses.



#5 CyberFred

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Posté 13 novembre 2020 - 00h15

J'ai été plus rassuré dans le second épisode. Beth est plus âgée, un peu plus communicative avec son entourage, et semble ne pas avoir perdu de son agilité aux échecs bien au contraire. Cependant, je suis toujours gêné de constater encore une fois qu'elle trouve ses limites que si elle n'a pas sa "dose". Encore une fois, le seul intérêt pour ma part de la série ne réside que dans les moments psychologiques où les duels durant les parties d'échecs mettent à rude épreuve les adversaires (de temps en temps bourrés d’ego). Les voir perdre, est vraiment jouissif. C'est pour moi le seul attrait de la série. Sinon, très belle reconstitution des années 60. Je regarde la VF qui est très très bien doublée. D'ailleurs, sur Netflix, c'est une qualité, le doublage francophone.


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#6 Baltique

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Posté 13 novembre 2020 - 20h31

J'ai envie de rebondir sur cette histoire de dépendance parce que je ne l'ai pas du tout ressenti de la même façon que toi.

 

Pour moi, la série ne montre à aucun moment que l'usage de substance peut rendre excellent. Lorsqu'elle découvre les échecs, l'héroïne n'est pas encore dépendante. Pourtant elle comprend intuitivement le jeu, et apprend très vite à le maitriser. Cela montre qu'elle a vraiment un don naturel pour ce jeu qui ne demande qu'à s'exprimer.

 

Plus tard, elle devient dépendante et lorsqu'elle se retrouve en situation difficile, les effets de manque se manifestent ou plutôt... c'est parce que les effets de manque se manifestent qu'elle n'arrive plus à jouer normalement et qu'elle se retrouve en situation difficile. Résultat, elle doit prendre sa dose pour arrêter les effets du manque et pouvoir à nouveau jouer pleinement.

 

En ce sens, sa dépendance est un gros handicap qui l'empêche d'exprimer tout le potentiel de son jeu.

 

Bref, un ressenti assez différent du tien sur ce point.



#7 CyberFred

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Posté 13 novembre 2020 - 23h13

En effet, c'est assez différent notre approche. Je ne vois pas dépendance pour le moment, sauf à la fin de l'épisode 1. (j'en suis à l'épisode 4). Elle se raccroche aux substances quand elle sent qu'après un échec, il lui faut quelque chose pour se rendre encore meilleure, surtout après la compétition contre le Russe. Tout n'est lié qu'à la peur d'être battue, et non pas parce que son corps le réclame tout le temps. Pour moi, son don est naturel, mais il a des limites face aux plus grands. Tous les autres joueurs qu'elle affronte ne montrent pas la moindre dépendance à quoi que ce soit pour atteindre le niveau qu'ils ont. Il n'y a qu'elle qui a ce problème dans cette mini-série.


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#8 CyberFred

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Posté 14 novembre 2020 - 23h19

Je viens de terminer la mini-série. Je suis donc allé jusqu'au bout des 7 épisodes. J'avoue que je suis bien plus satisfait par le final que par le premier épisode. J'ai été intéressé par le lien collectif qui unit dans la difficulté les joueurs américains à Beth. J'ai beaucoup aimé la fin par la manière dont elle rend à son mentor. Je m'attendais à une surprise quant au joueur Russe au-delà de la compétition, mais non. Pourtant un signe m'en avait donné la puce à l'oreille, mais non. La surprise est venue ailleurs, je ne m'y attendais pas du tout. Mais c'est triste quand même. En tous les cas, un bon dernier épisode avec une belle compétition finale qui donne à son tour bien envie de jouer aux échecs à son tour. Une belle série, mais qui laissera en moi malgré tout, le point noir des médicaments.

 

En tous les cas, merci Baltique pour m'avoir suggéré cette série. 

 

Maintenant, Mme CyberFred me demande de regarder les deux séries suivantes :

 

Dracula (2020) (en 3 épisodes d'une heure 30 chacun) et Barbarians (en 6 épisodes). C'est autre chose que les échecs, tout cela.


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#9 Baltique

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Posté 15 novembre 2020 - 11h26

Très content que ça t'ait plu.

J'ai fait quelques recherches sur la série.

Il s'avère qu'elle est adaptée d'un livre publié il y a déjà une quarantaine d'années. A l'époque de la sortie du livre, l'auteur avait expliqué que le rapport de l'héroïne aux médicaments était largement autobiographique.

En effet, l'auteur a souffert très jeune de problèmes de santé et les médicaments qui lui ont été prescrits ont créé chez lui un grave problème de dépendance qu'il a eu beaucoup de mal à gérer.

Il faut savoir que la législation américaine en matière de médicaments est très différente de la notre. Encore aujourd'hui beaucoup de médicaments autorisés à la prescription aux usa sont totalement interdit chez nous car jugés dangereux, notamment parce qu'ils peuvent entraîner une forte dépendance.

C'est assez terrifiant que des personnes peuvent être ainsi "victimes" de leur traitement.

Bref,l'auteur a tenu retranscrire sans aucune complaisance son expérience douloureuse dans son roman.

J'avoue que je n'ai pas lu le livre. Il est pour l'instant introuvable mais, vu le succès de la série, j'imagine qu'il ne devrait pas tarder à être à nouveau publié. Pourtant, j'ai trouvé que que le rapport de Beth sonnait particulièrement juste dans cette adaptation en série et c'est justement pour ça que c'est aussi dérangeant. Ta réaction me conforte dans cette idée.

Toutefois, dans la mesure où, après avoir trébuché à plusieurs reprises, elle finit par vaincre sa dépendance, je n'ai pas vu sa comme un point noir mais plutôt comme une très belle victoire sur elle même.

Et à ce titre, je trouve que la caractérisation du personnage et son évolution sont très réussies.






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